Durant la préparation de mon roman, la fréquence fantôme, j’ai exploré diverses pistes qui seraient susceptibles d’expliquer les apparitions de fantôme décrites dans de nombreux témoignages. Mon but était de trouver les points communs dans chaque histoire pour en dégager un motif récurrent afin d’établir des conditions nécessaires d’une apparition fantomatique. Il était important d’ancrer mon récit dans un environnement rationnel et (pseudo) scientifique afin de rendre l’histoire la plus crédible possible. Mais sans le vouloir, j’ai peut-être trouvé la vraie explication à la présence des fantômes !

En lisant un article tard dans la nuit, j’ai découvert qu’un fantôme terrifiant hantait un… laboratoire d’équipement médical ! Pour l’ambiance angoissante, on repassera… Pas de château menaçant, ni de manoir décrépit ou d’asile psychiatrique abandonné, juste le lieu de travail de l’ingénieur Vic Tandy.

L’esprit souffleur

Dans les années 80, un soir où il travaillait seul dans son laboratoire, Tandy commença à se sentir mal à l’aise : sueurs froides, cheveux qui se hérissent sur la nuque, et surtout une forte sensation d’être observé. Pourtant, personne n’avait pu pénétrer dans la pièce, car son bureau se trouvait en face de la seule entrée possible. Pour ne rien arranger, il remarqua quelqu’un ou… quelque chose se rapprocher lentement de lui par-derrière. Quand au coin de l’oeil, il aperçut une grande forme mince et grise, il se pétrifia sur place. Après avoir momentanément envisagé de prendre ses jambes à son cou, Tandy rassembla son courage pour faire face à la créature. Il retint son souffle et tourna vivement la tête, mais l’apparition se volatilisa dans un battement de cil. Il était déjà très tard. Tandy sentait la fatigue l’étreindre de plus en plus et s’il commençait à avoir des hallucinations, il était plus que temps de rentrer chez lui pour se reposer.

Après une nuit de sommeil agitée, il se rappela les étranges phénomènes qui avaient précédé son horrible vision. Depuis quelques jours, lui et ces collègues avaient été sujets à une déprime générale ainsi qu’à de fréquents maux de tête. Sans réfléchir, ils avaient imputé ces symptômes à la grosse quantité de travail de ces dernières semaines. Puis, il se rappela de l’étrange témoignage de la femme de ménage.

Un matin, Tandy l’avait croisée dans le couloir du labo avec le visage pâle et la peur au ventre. Quand il lui demanda ce qui n’allait pas, elle lui répondit à demi-mot qu’elle venait de voir un fantôme. Incrédule, il l’avait rassurée puis n’avait plus prêté attention à cette histoire. Jusqu’à aujourd’hui… Désormais, il y avait trop de facteurs convergents pour que tout cela soit une simple coïncidence. Quelque chose ne tournait pas rond dans son labo et Tandy devait découvrir pourquoi.

Dès le début, il se refusa de pencher vers le paranormal et entreprit plutôt d’inspecter son labo de fond en comble. Il vérifia en particulier qu’aucune fuite de gaz, provenant des produits anesthésiants nécessaires à son travail, ne soit à l’origine de ce désagrément. Après une fouille minutieuse, il ne trouva rien d’anormal, pourtant les symptômes persistaient. À croire que son labo était vraiment hanté !

Finalement, Tandy trouva l’origine du problème par pur hasard. Amateur d’escrime, il était venu plus tôt au labo ce jour-là, afin d’ajuster le manche de son fleuret. Pris dans un étau, la fine lame d’aluminium s’était alors mise à bouger toute seule, comme par magie. Après avoir compris que le fantôme de Zorro n’était toujours pas arrivé, il se remit à la recherche du phénomène responsable de l’oscillation de sa lame. Il comprit rapidement que des vibrations de l’air, quasiment imperceptibles à l’oeil nu, étaient à l’origine de son problème.

Le coupable n’avait rien d’effrayant et encore moins de paranormal. En silence, un large ventilateur bourdonnait depuis son installation de la semaine dernière. Une fois le moteur coupé, les oscillations s’arrêtèrent instantanément et les “fantômes” s’évanouirent par la même occasion. Désormais dans une atmosphère saine, il restait à savoir si le ventilateur était hanté par un esprit ou si une raison technique pouvait provoquer se dérèglement. Avant de faire appel à un chaman de l’esprit du vent, Tandy préféra opérer quelques tests sur le fautif. Il s’aperçut rapidement que le ventilateur produisait des micros vibrations lors de son fonctionnement. Ses vibrations émettaient à leurs tours des ondes sonores qui en rebondissant sur les murs atteignaient une faible fréquence (18.9 Hz) inaudible pour l’oreille humaine. Tandy venait de trouver l’origine de son fantôme : les infrasons !

À moins que ce soit le hurlement des fantômes !

La fréquence angoissante

Si nous avons déjà tous entendu parler des ultrasons, qui permettent par exemple aux chauves souris de communiquer ou bien de réaliser une échographie avant un accouchement, son opposé les infrasons sont plutôt méconnus du grand public.

L’oreille humaine est uniquement capable d’entendre des sons de fréquences allant de 20 Hz (20 cycles par secondes) à 20 000 Hz. Au delà de ce seuil, les sons deviennent trop aiguës, se sont les ultrasons. En dessous de 20 Hz, les sons deviennent trop graves, se sont les infrasons. De la même manière que les infrarouges et les ultraviolets nous sont invisibles à l’oeil nu, les infrasons et ultrasons restent sourd à nos oreilles.

Cette plage de fréquence reste théorique, car à mesure du vieillissement, nous perdons constamment l’audition de certaines fréquences. Par exemple, une personne de 20 ans pourra entendre un son d’une fréquence de 19 000 Hz alors qu’une personne de 50 ans n’entendra plus rien au delà de 12 000 Hz.

Ainsi en 2008, un boîtier “anti-jeune” a fait parler de lui, en émettant un son strident uniquement sur la fréquence de 17 000 Hz, afin de cibler les moins de 25 ans. Le son très désagréable plus son fort volume, avait pour objectif de disperser les groupes de jeunes ayant un comportement jugé anti-social. Une vrai arme de dissuasion massive et sélective !

 

Le boitier Mosquito

Effets des infrasons

Les infrasons restent inaudibles pour nos oreilles, pourtant notre corps en ressent tous les effets, surtout à fort volume. Les conséquences sur notre organisme sont multiples et peuvent varier d’une personne à l’autre. Quelques-uns ressentiront un simple inconfort alors que d’autres seront victimes d’une véritable crise de panique.

Voici une liste des effets indésirables :

  • Pression dans la poitrine,
  • Migraine,
  • Déprime,
  • Sueur froide,
  • Sentiment de présence,
  • Poils qui se hérissent,
  • Troubles de la vision,
  • Vertiges,
  • Anxiété,
  • Nausées,
  • Fatigue,
  • Hyperventilation (peut provoquer un sentiment de panique).

En pratique, les infrasons traversent notre corps en faisant légèrement vibrer nos organes comme au hasard, nos globes oculaires. En vibrant, un grain de poussière au coin de l’oeil va sembler flou et donc apparaître plus grand que la normale. De plus, le globe oculaire entre en résonance justement aux alentours de la fréquence de 20 Hz, ce qui amplifie naturellement son effet vibratoire.

Si l’apparition qui a tant effrayé Tandy ne pourrait être en réalité qu’une simple poussière, la liste des autres symptômes fait froid dans le dos ! Certes, l’exposition doit être assez longue pour ressentir les effets les plus néfastes, mais certaines personnes peuvent être rapidement sujettes à un inconfort voire à un sentiment de présence.

Avec de telles réactions, il n’est pas étonnant que les gouvernements travaillent sur la conception d’armes non létales utilisant les infrasons. Pour disperser des groupes de personnes, rien de tel qu’une forte nausée pour incapaciter des terroristes, mais plus vraisemblablement de simples manifestants…

Le Stark Sonic Cannon

Seul appareil capable d’incapaciter l’incroyable Hulk !

Origines des infrasons

À part le ventilateur de Tandy, d’autres appareils sont susceptibles d’être la source d’infrasons comme l’alimentation d’un luminaire, le décollage d’une fusée ou bien un orgue de cathédrale. L’intérêt de provoquer un sentiment de présence dans un lieu religieux devient alors une évidence !

Mais aucun de ses appareils ne peut rivaliser avec la bombe nucléaire. Parmi d’autres instruments de mesure (sismique, radionucléique, etc.), les infrasons générés par l’explosion massive d’une charge atomique peuvent être détectés à l’autre bout de la planète. Ainsi les gouvernements peuvent surveiller à distance les essais ennemis même cachés en sous-sol. Si dans l’espace personne ne vous entend crier, sur Terre tout le monde ressent les vibrations.

Si les inventions humaines sont responsables d’une partie des infrasons, la nature en génère son lot quotidien. Voici quelques exemples produits par mère Nature :

  • Séismes
  • Tonnerre
  • Éruptions volcaniques
  • Aurores boréales
  • Chutes d’eau
  • Vagues océaniques
  • Explosions solaires

Le règne animal n’est pas en reste et utilise aussi ce phénomène pour diverses raisons. Par exemple, cela permettra aux éléphants de communiquer à plusieurs kilomètres de distance ou bien aux tigres de tétaniser et désorienter leurs proies. En effet, nous n’entendons qu’une partie du rugissement du tigre ou du barrissement de l’éléphant, d’autres informations sont transmises par la même occasion.

Si certains animaux émettent des infrasons, certains peuvent aussi les entendre. Ainsi en 2004, lors du tremblement de terre dans l’océan indien qui a provoqué un terrible tsunami, des dizaines d’animaux ont fui les lieux avant l’arrivée du raz-de-marée. Rien de paranormal ou de magique dans la réaction de ces animaux, juste des capteurs à infrasons (entre autres) pour les avertir du danger.

Dans un autre domaine, un secteur lucratif a recours aux infrasons pour provoquer délibérément notre anxiété. Ils le font sans sourciller et le pire, c’est que l’on aime ça ! Il serait dommage de se priver de sueur froide dans … un film d’horreur ! À la manière d’images subliminales pour la vision, certains réalisateurs ajoutent cette fréquence sonore pour accentuer notre frayeur ! Certains diront que c’est de la triche, mais bon, parfois tous les moyens sont bons pour compenser un mauvais scénario !

Pour les plus courageux et munis d’un casque qui restitue la fréquence en question, vous pourrez écouter plus de 12h d’infrasons angoissants sur Youtube. Attention aux nausées !

Désormais, si vous voyez un fantôme ou ressentez la présence d’un esprit, avant de faire appel aux Ghostbusters, pensez d’abord au réparateur de la ventilation !

La fréquence angoissante connue pour faire croire à l’apparition de fantôme est aussi appelée la fréquence fantôme ! Tiens cela ferait un super titre pour un roman d’horreur / science-fiction, vous ne trouvez pas?

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